Intelligence artificielle : L’énigme de la « théorie des cordes » bloquée depuis six mois résolu par Claude en une nuit
L’intelligence artificielle pourrait-elle devenir un véritable acteur de la découverte scientifique ? Un nouvel épisode impliquant un professeur de l’Université de Tokyo alimente cette hypothèse.
Yuji Tachikawa, mathématicien-physicien à l’Université de Tokyo, travaillait depuis environ six mois sur un problème lié à la théorie des cordes et à la théorie quantique des champs. Malgré ses efforts, ses recherches n’avançaient plus.
Dans la soirée du 12 juillet, le chercheur aurait décidé de transmettre ses notes à un modèle d’intelligence artificielle présenté dans l’article sous le nom de « Claude Fable 5 ». Il n’attendait apparemment pas de résultat particulier.
Pourtant, l’IA aurait rapidement formulé une observation pertinente qui lui aurait permis de débloquer le problème.
Claude aurait ensuite vérifié sa propre hypothèse
L’élément qui a le plus surpris le chercheur est que l’intelligence artificielle ne se serait pas contentée de proposer une intuition théorique.
Elle aurait également utilisé l’outil de calcul symbolique SymPy pour écrire du code et vérifier elle-même les conséquences de sa prédiction.
Selon Yuji Tachikawa, le modèle semblait non seulement maîtriser certains concepts de la théorie des cordes, mais également posséder une forme d’intuition scientifique.
Le professeur aurait publié son expérience sur les réseaux sociaux avant de supprimer son message, expliquant qu’il avait été diffusé beaucoup plus largement que prévu.
Des performances remarquées en topologie algébrique
L’article indique également que le chercheur avait précédemment demandé au modèle d’effectuer un calcul concernant l’image d’un invariant BN dans une application allant de la théorie TMF vers la théorie KO.
L’intelligence artificielle aurait réalisé correctement le calcul et généré une démonstration au format PDF.
Face à cette performance, Tachikawa aurait déclaré que le modèle semblait mieux maîtriser la topologie algébrique que lui. Il se serait également demandé si ses capacités correspondaient déjà au niveau d’un étudiant en master spécialisé dans ce domaine.
Cette appréciation est notable, car le scientifique travaille notamment sur les structures géométriques et algébriques associées aux théories quantiques des champs supersymétriques.
L’intelligence artificielle entre dans une nouvelle phase scientifique
L’auteur de l’article considère cet épisode comme un signe de l’entrée de l’humanité dans une nouvelle ère de recherche scientifique.
Il rappelle qu’Anthropic aurait récemment présenté une version de Claude spécialement pensée pour accélérer les travaux scientifiques.
Dans cette perspective, l’intelligence artificielle ne serait plus seulement utilisée pour résumer des publications, rechercher des références ou automatiser des calculs. Elle pourrait participer directement au raisonnement scientifique, proposer des hypothèses et créer des outils destinés à les tester.
Un génome analysé en seulement 30 minutes
L’article cite un autre exemple impliquant Euan Ashley, généticien et cardiologue à l’Université Stanford.
En 2010, Ashley avait participé, avec une équipe de 31 personnes, à l’une des premières interprétations cliniques complètes d’un génome humain. Le travail avait demandé environ neuf mois.
Des années plus tard, il aurait soumis son propre génome à Claude en lui demandant d’effectuer une analyse comparable.
L’intelligence artificielle aurait terminé cette tâche en seulement 30 minutes. Elle aurait notamment identifié un allèle associé à un risque accru de maladie d’Alzheimer ainsi que plusieurs variations génétiques susceptibles d’influencer la manière dont son organisme métabolise certains médicaments.
L’expérience aurait nécessité une consigne d’environ 180 mots et près de 400 000 tokens. D’après l’estimation mentionnée dans l’article, son coût aurait été proche de cinq dollars.
Une partie du temps de traitement aurait par ailleurs été consacrée à l’attente de réponses provenant des serveurs du National Center for Biotechnology Information, ou NCBI.
De simple outil à collaborateur scientifique
À travers les exemples de la théorie des cordes et de l’analyse génomique, l’auteur estime que l’intelligence artificielle commence à franchir la frontière séparant un simple outil informatique d’un véritable collaborateur de recherche.
Dans le premier cas, elle aurait aidé un physicien à résoudre un problème théorique bloqué depuis plusieurs mois. Dans le second, elle aurait effectué en quelques minutes une analyse clinique qui nécessitait autrefois plusieurs mois de travail collectif.
L’article conclut que les progrès de l’intelligence artificielle pourraient transformer la recherche scientifique d’une manière encore difficile à anticiper. Les modèles ne se limiteraient plus à accélérer les tâches existantes : ils pourraient participer à la formulation d’idées nouvelles, à leur vérification et, éventuellement, à de futures découvertes.
